Mythe 4 : l’open innovation est la prochaine grande vague

La sphère Motivation Factory    0 commentaire

Actualité Collaboratif Innovation News
31
juillet
medusa Les publications de Henry Chesbrough sur l’Open Innovation (2006 et 2011) ont rencontré un vif succès, car elles remettent en cause en profondeur le modèle traditionnel dans lequel chaque organisation gère son innovation essentiellement en interne, avec peu d’échanges avec l’extérieur. Pour Chesbrough, il est ainsi temps d’ouvrir la « Recherche & Développement » vers l’externe :
  • Soit pour y aller chercher des savoir-faire essentiels au progrès de l’entreprise (Outside-In Open Innovation)
  • Soit pour mettre en retour sur le marché des développements amont pour lesquels l’entreprise est mal armée pour convertir en revenus, et qui seraient mieux employés ailleurs (Inside-Out Open Innovation)
Sept ans de réflexion et d’expérimentation plus tard, force est de constater que la réalité de l’Open Innovation est encore bien loin de la vision de Chesbrough. Trop avant-gardiste pour être comprise ? Dans les faits, nous observons 3 voies de transposition distinctes :
  1. 1. L’Open Innovation comme marché fluide de la propriété intellectuelle
  2. 2. L’Open Innovation comme appel à des personnes ayant des connaissances pointues qui n’existent pas dans l’entreprise
  3. 3. L’Open Innovation comme moyen de se rapprocher de ses clients consommateurs, de créer une communautés de fidèles et de récolter au passage leur feedback sur les produits, les services, la marque permettant ainsi par la même occasion de les améliorer
Ces 3 voies ont connu des succès bien différents :
  1. 1. L’Open Innovation comme vaste marché de la propriété intellectuelle n’est pas encore en place, même si les prémices le sont depuis une dizaine d’années (création de sociétés spécialisées qui assurent la fluidité du marché des brevets). Pour l’essentiel on est encore dans un monde de mastodontes de la propriété intellectuelle, qui gèrent des guerres de brevets. Pour les PME ou les inventeurs particuliers, compte tenu des difficultés à breveter (délais, coûts, complexité), on se heurte rapidement à des problématiques légales majeures
  2. 2. Sur le deuxième sujet, et sur des sujets techniques bien définis, il est cependant plus simple qu’auparavant d’identifier des compétences pertinentes, universitaires ou industrielles, et d’établir des relations de partenariat de long terme – mais on parle alors d’écosystème plutôt que d’Open Innovation. Des startups se sont d’ailleurs spécialisées dans l’identification des compétences universitaires les plus pertinentes sur un sujet donné, comme Presans
  3. 3. Enfin, un nouveau modèle de collaboration avec ses propres clients émerge pour les entreprises B2C : Starbucks, Dell, BMW, Lego ou encore Auchan en sont des illustrations. Cette approche est sans doute moins ambitieuse que la vision de Chesbrough, et recouvre pour une bonne part une démarche marketing et de communication autour de l’image de la société ; mais elle a le mérite d’obtenir des résultats tangibles dès maintenant

Quelles sont les leçons à retenir ?

  • L’Open Innovation recouvre des réalités très variées
  • La notion d’écosystème est de plus en plus répandue et est à creuser en priorité pour les sociétés qui s’intéressent à l’Open Innovation
  • Finalement, un des usages qui semble le mieux marcher est celui qui est le plus simple et qui n’engage pas de procédure de dépôt de brevet : lorsque l’entreprise fait appel soit à des suggestions de l’extérieur, soit à des remontées d’« irritants » depuis ses utilisateurs et partenaires

> Revoir les mythes précédents
Vers le blog

Laissez un commentaire



Un projet, une idée, des questions...
Nos experts sont là pour en parler

Avatar Contact