Enterprise 2.0 Summit 2012, les usages collaboratifs progressent

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10
février
Le sommet européen « Enterprise 2.0 Summit » vient de se dérouler pendant 2 jours au Cercle National des Armées à Paris. Deux journées bien remplies, avec de nombreux témoignages d’entreprises et des petites tables rondes de discussion plus informelle.

Voici avec un éclairage forcément personnel quelques points saillants retenus de ces journées.

Première observation, on peut en forçant le trait établir une distinction entre deux types de motivations affichées par les intervenants. D’une part on trouve ceux qui cherchaient à renforcer le lien social, être moderne, devenir 2.0, projeter une image interne d’une entreprise qui bouge… donc sans mention d’un lien direct avec le business. Et de l’autre on trouve ceux qui ont décidé de s’attaquer à un sujet opérationnel majeur pour leur organisation, mais en s’appuyant sur un fonctionnement collaboratif. La bonne nouvelle, c’est que les deux populations ont trouvé ce qu’elles cherchaient. Ceux qui ne cherchaient pas de retour sur investissement formel n’en ont pas eu (et leur opération de « cohésion sociale » aurait pu être mise en concurrence avec une journée Accrobranches ou de nouveaux espaces café plus conviviaux)… Certains se posent après coup la question tardive du RoI, ou se demandent comment éveiller ou maintenir l’intérêt interne pour un outil collaboratif qui fait comme Facebook, mais moins complet et restreint à l’interne. Ceux qui cherchaient un RoI l’ont trouvé, mais dans un cadre beaucoup plus directif : 1 projet busines = 1 communauté = 1 site communautaire par exemple. Dans tous les cas c’est bien du 2.0, mais dans le premier cas on a l’impression que le 2.0 est un but en soi, et les discussions qui en découlent sont parfois très déconcertantes : « comment forcer les participants à être collaboratifs ? » – avec des suggestions comme : la coercition, la suppression de l’email… En appui de cette observation, on trouve peu de mentions de processus structurés / de démarches impliquant de façon naturelle les échelons intermédiaires. Le 2.0 apparaît souvent comme une initiative déconnectée du monde réel. Deuxième observation, il semble que les Français sont beaucoup plus attirés par la première approche, alors que nos voisins allemands en particulier sont beaucoup plus attirés par la seconde. Troisième observation, on a très peu parlé d’argent de façon générale pendant ces deux jours. Les opérations typées « business » reposaient sur une équation économique propre, pas présentée ; les opérations typées « cohésion sociale » n’en avaient pas. Quatrième observation, la révolution numérique tant annoncée est en fait une évolution, plus ou moins rapide, mais sans l’accompagnement dramatique qui avait été promis. La prédiction « l’email est mort » est aussi crédible que la fin du monde d’après le calendrier maya, ou les prévisions de disparition du téléphone, de la télévision, ou des boutiques en dur. On voit bien que la vitesse d’évolution est définie par plusieurs facteurs : la mise en place de technologies permettant les échanges à 3 personnes au moins, en complément de l’email ; l’adoption de nouveaux usages de travail ; le bénéfice ressenti par les utilisateurs à court terme, et leur permettant de mieux faire leur travail puisqu’on se situe dans un contexte professionnel. Cinquième observation, pas nouvelle : les experts auto-déclarés vivent dans un monde qui se déconnecte de plus en plus de la réalité du terrain. On a trop entendu de remarques suivant lesquelles tout le monde passe son temps à tweeter, tout le monde a reçu une tablette multimédia à Noël, tout le monde a du mal à gérer les dizaines de réseaux sociaux dont il fait partie… Attention à ce que le 2.0 ne devienne pas une secte !

Quelques citations frappantes :

« La technologie n’est pas importante, quand on a la bonne technologie. » « Le 2.0 sert essentiellement à accélérer les choses » « On ne peut pas demander à quelqu’un de passer du temps sur un réseau social interne si ça ne l’aide pas dans son travail » « Le 2.0 ne peut pas attendre d’adoption s’il n’est pas associé à une notion de plaisir » « L’email est mort » (encore ?) « Ah oui, les fameux indicateurs de performance » Un excellent sommet au total, riche d’échanges formels et informels. Merci aux organisateurs.
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